Reaction à l'interview de François Elie - l'économie du logiciel libre

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Contrairement à des bloggeurs du planet je suis plutôt d'accord avec les propos de F. Elie, non pas ceux qu'il tient à propos des association d'utilisateurs de logiciels libres. Mais sur le fait qu'il faut trouver des solutions, pour faire entrer les développeurs bénévoles dans l'économie du logiciel, et qu'il faut "forcer" les entreprises, qui vendent du logiciel libre, à rendre leurs contributions à la communauté.

Dénigrer le travail des GUL c'est nul

Je ne comprends pas pourquoi Mr Elie a un tel regard sur les associations à but non lucratif qui font la promotion du logiciel libre et même plus, comme Philippe l'indique dans un commentaire.
Ces association sont bien plus à même d'accompagner les utilisateurs dans l'adoption des LL, dans le passage à un système GNU/Linux. J'ai beau installer linux sur les ordinateurs de mes proches et les conseiller, je ne peux pas à moi tout seul rassembler les connaissances des membres d'une association, ni même réussir à les accompagner dans l'utilisation de tel ou tel logiciel. Sur ce point les associations sont indispensables et vont le rester, à mon avis, très longtemps.
Le statut d'association permet d'avoir plus de crédibilité auprès des décideurs, de bénéficier de soutiens pour l'organisation de rencontres telles que les RMLL. Un utilisateur isolé, même en y mettant tout son pouvoir de conviction n'arrivera jamais au résultat des associations.
Il serait même très intéressant et très bénéfique pour les utilisateurs que des GUL s'occupent de la formation des utilisateurs dans une entreprise. Je ne sais pas si cela a déjà été mis en œuvre ?

Ne pas partager son code issu de logiciels libres, c'est inutile

Comme le souligne François Elie dans son interview, il existe un grand nombre d'entreprise qui ne reversent pas à la communauté les développements réalisés à partir de logiciels libres. Cela est certainement dû à plusieurs facteurs. J'en citerais deux :

  • Une entreprise qui paie pour le développement d'une fonctionnalité ne va pas la reverser car elle n'a pas compris l'intérêt qu'elle a à redistribuer le code. Elle se situe plus dans une réflexion du type : "Je ne paierai pas pour les autres !"
  • Une entreprise qui vends des fonctionnalités qu'elle a développé voudra conserver de futurs clients potentiels qui sont prêts à payer pour cette fonctionnalité. Elle non plus n'a pas compris l'intérêt qu'elle aurait à redistribuer son code.

Dans les deux cas la licence n'est pas respectée (à part pour des licences de type BSD), au même titre que des licences pour un poste sont utilisées sur plusieurs postes d'une entreprise.
La première ne pourra bénéficier d'améliorations apportées par la communauté. La deuxième sera aussi isolée que la première et ne cherchera pas forcément à développer plus de fonctionnalités.


Le mot de la fin

Il faut en tout cas trouver des modèles économiques qui permettront de faire profiter tout les développeurs du "fruit" de leur travail. Les mentalités doivent évoluer en entreprise, la vraie valeur ajoutée ne doit pas porter que sur du logiciel ! Enfin sous réserve de trouver les méthodes juridiques adéquat, les GUL pourraient former les utilisateurs en entreprise, cela serait beaucoup plus convivial que des formateurs "froids".